Mon amour sait ravie, et non par martyrer, Et sur mon bien parfait, qu’est-ce qui me peut plaire ?
Amour qui n’est qu’amour, qui vit sans esperance, De soi-meme par soi par soi-meme agite, Qui naquit eternel vif a l’eternite Qui surpasse en aimant l’ame et la connaissance, Que cet amour est pres de la divinite !
Je veux du feu terrestre et de l’elementaire Comparer deux amours, dont l’un a pour objet Un desir, un plaisir, imparfait et abject, L’autre se mire en soi, et tout seul se veut plaire Il est la cause et fin, sa vie et son subject
Le premier s’asservit sous les lois de la nature, Se mele, se demele et se perd quelquefois. Quand le vivre lui faut, l’autre n’a d’autres lois Que son cours https://datingranking.net/fr/fastflirting-review/, son esprit, son ame belle et pure, Et feu est toujours feu, sans le secours du bois.
L’homme par la raison tient, augmente et possede Le feu qui n’est vrai feu, mais un bien que des dieux Le larron Promethee eut le moins precieux, L’autre qui en beaute tout le dessous excede Ne pouvant etre Ciel est le plus pres des Cieux.
Amants qui abaissez votre amour de la vue, Qui l’endormez enfant au berceau du loisir, De qui le coeur enfle engrossa de desir, Vous voyez l’esperance a la poitrine nue, Faire teter amour au lait de son plaisir.
Si votre oeil fascine un coup se defascine, Si le coeur perd sa fin ou se contente un jour, Si fortune effrayant de quelque lache tour La nourrice d’amour a seche sa poitrine, Tout meurt, votre desir, l’esperance et l’amour.
Mais ceux qui sont epris des plus celestes flammes Ne sont hausses du trop et abaisses du peu, Leur amour n’est enfant de peu de choses esmeu, Rien ne le fait mourir : En ces heureuses ames, Sans espoir et sans bois vit l’amour et le feu. […]
